BLIDA, Y a-t-il une vie politique ?
Le ramadan ne peut pas être mis en cause pour expliquer une inanition volontaire des hommes politiques à Blida. De mémoire de Blidéen, il n'y a jamais eu autant d'absentéisme du ou des parti(s) dans la vie quotidienne de la cité.
Le PT puis le FLN ont bien organisé leur université d'été à Blida mais ces actions à portée nationale n'ont eu aucun impact sur leurs activités locales. Il y avait bien cette ambiance du « m'as-tu vu » caractéristique d'une ébullition passagère et qui relève beaucoup plus de l'ostentation. Kara Mostefa, président de l'association « Nassima » de lutte contre le cancer atteste que « les politiciens sont toujours absents et c'est la vie associative seule qui agit dans les quartiers ou les cercles. » Il est vrai que l'absence de ces partis est un phénomène qui fait partie de la vie de la cité. Le citoyen ne se rappelle leur présence qu'à des occasions conjoncturelles faites de campagnes électorales.
Les militants de ces partis et, plus grave, les élus, tentent même de se faire petits lors de ces soirées du ramadan. Blida, ville chef-lieu de wilaya, contenant difficilement plus de 120 000 habitants, n'a affiché aucun programme culturel et les locaux de ces partis sont lugubrement fermés. Même pas de la lumière !
Où sont les jeunesses militantes, où sont les programmes de formation ou d'initiation à la vie politique ? La vie associative tournée, en certains lieux, vers les actions de bienfaisance ne peut occulter l'absence sur le terrain de partis comme le FLN, le RND, le HMS. Le ramadan ne peut en être la cause puisqu'aucun de ces partis n'a réuni ses militants pour donner –ou recevoir- des avis sur tout ce qui touche à la vie politique, économique et sociale du pays, de la région et du microsome local. Santé du citoyen, rentrée scolaire, distribution de l'eau potable, coupures de courant, décharges publiques, distribution des logements sociaux : autant de sujets et de thèmes qui collent à l'actualité et qui pourraient faire l'objet d'explications, de discussions et de débats contradictoires. Non ! Léthargie et impression de « je m'enfoutisme ». Que dire alors des projets décidés par les directions centrales et concernant des quartiers, des cités, des espaces dans les communes ? A l'Apw, certains membres attestent que le travail se fait au niveau des commissions mais point d'activité partisane. Au RND, il est dit que la période du ramadan est beaucoup plus propice à la vie de famille et à certaines initiatives caritatives : « vous trouverez nos militants dans les restaurants populaires » mais M. Achour Rachid, responsable du parti au niveau local, affirmera : « Nous préparons le Conseil national prévu le 18 septembre prochain, nous avons organisé des sorties sur le terrain à Bougara et l'Arba, nous avions évoqué la rentrée sociale dans le Conseil de wilaya du 28 août dernier. » Très volubile, M. Achour évoquera encore la tenue du Congrès et le renouvellement des représentants de la wilaya avec la présence pour la première fois de trois grandes communes de la wilaya que sont Bougara, El Affroun et L'Arba. La répercussion sur le terrain demeure cependant totalement absente : l'information n'est pas véhiculée par les militants, les prises de position ne sont pas claires et même les syndicats ne se manifestent point. Le 5 octobre, grande date dans l' « ouverture démocratique » du pays ne se fête pas, ne marque plus un arrêt afin d'évaluer le chemin parcouru. Il y a bien un projet de nouveau découpage territorial et M. Achour parle de l'Arba et el Affroun comme futurs sièges de délégués de wilaya mais la rue n'en parle que dans les cafés et d'une façon désordonnée. Quelle organisation ou cité a préparé un dossier défendant sa commune ou sa daïra ? Quel parti a proposé la discussion à ses militants ? Et pourtant, le thème intéresse tout le monde.
Faut-il sans doute rejeter la faute sur les médias lourds qui n'organisent point de débats contradictoires, qui ne sollicitent guère celles et ceux qui véhiculent des idées autres, des idées novatrices. Voir ces centaines de jeunes dans les cités se rencontrer par groupes pour regarder celles qui passent et les taquiner, jouer aux dominos, s'ennuyer à mourir laisse perplexe pour le devenir d'une nation puisque l'image est identique à toutes les communes du pays.
Amekelbled
In www.letemps-dz.info du 07 septembre 2008
